Plus que parfaites

Chroniques du travail en maison privée 1920-2000

Exposition réalisée avec le Centre d’histoire de Montréal et l’Association des aides familiales du Québec

incluant la collaboration d’Elizabeth Ouellet (sociologue) et de Maureen Peffer (artisane).

 

1999-2001

Montréal

 

Invitée par le Centre d’histoire de Montréal (CHM) et l’Association des aides familiales du Québec (AAFQ) pour retracer l’histoire peu documentée des servantes, bonnes, nannies et autres employées de maison, j’ai entrepris une cueillette de témoignages et une recherche historique approfondie. Dans cette enquête, je me suis intéressée à l’univers intangible des préconceptions. En effet, le travail d’aide familiale a toujours été le même: prendre soin des enfants ou de personnes âgées, faire la cuisine, le ménage, la lessive, etc. Ce qui diffère, ce sont les moeurs, les valeurs et les préjugés qui font qu’au bout du compte on valorise ou on dévalorise le métier, qu’on respecte ou non les personnes qui le font.

 

La démarche s’est articulée en fonction de deux volets d’activité: la préparation d’une intervention en collaboration avec l’AAFQ et la conception d’une exposition sur l’histoire de la domesticité montréalaise pour le compte du CHM. Intitulée Toujours serviables, jamais servantes, l’intervention a pris forme dans le cadre d’une série d’ateliers que j’ai offerts à un groupe d’aides familiales membres de l’AAFQ. Les participantes ont pris connaissance de l’évolution de leur métier par une diversité de témoignages que j’ai recueillis auprès de femmes qui ont fait le même travail qu’elles entre les années 1930 et 1960. L’échange nous a conduites à élaborer un geste symbolique pour marquer la présence des aides familiales à Montréal et évoquer la mémoire des servantes d’autrefois. J’ai ainsi entrepris de retracer des demeures où avaient jadis travaillé des employées de maison. Pour le groupe d’aides familiales, ces maisons sont devenues des lieux de commémoration où elles ont déposé un objet confectionné de leurs mains représentant une aide familiale. Nous avons organisé une conférence de presse pour médiatiser l’intervention.

 

L’exposition au Centre d’histoire de Montréal rassemblait quant à elle les bandes sonores des entrevues que j’ai réalisées avec une trentaine d’aides familiales tant actives que retraitées, ainsi qu’avec des personnes qui ont grandi avec une gouvernante, des documents d’archives et de collections privées (publicités d’époque, photographies, dessins d’enfants, correspondance), des figurines et des objets miniatures, des photographies produites d’après ces objets avec la participation des personnes interviewées et la vidéo de l’intervention réalisée en  collaboration avec l’AAFQ.